Attention tout le monde!

Le français est menacé de disparition d'ici les trois prochains jours! Faites provisions de Grévisse, recopiez toutes les dictées Bernard Pivot et cachez votre exemplaire des Belles Soeurs de Michel Tremblay! Ça, c'est à peu près le message que fait passer une enquête du « Journal de Montréal » où une journaliste a tenté de se faire engager dans des commerces du centre-ville de Montréal en se présentant comme une unilingue anglophone. Sur les 97 essais, elle a obtenu 15 emplois. (La journaliste n’a pas été refusée dans 82 commerces sur 97, même si elle a effectivement travaillé dans 15 d’entre eux. Seulement huit ont refusé sa demande expressément parce qu’elle ne parlait pas français ; 55 étaient prêts à l’embaucher. Précision d'Yves Boisvert, auteur de l'article qui m'a inspiré mon billet et qui, tout comme moi, a fait son mea culpa. Désolé pour cette erreur! Mais les faits entourant cette enquête demeurent!)

Évidement, Pauline Marois, la championne du « Nous » (qui inclue aussi le « Eux », si « Ils » parlent français, bien sûr!), a sauté sur l'occasion pour exiger un renforcement de la Loi 101. Elle trouve que nous sommes trop accomodants (sommes nous à ce point déraisonnable?!).

On prend une grande respiration, on jette son JdeM au recyclage et ça va passer! Sérieusement, je ne crois pas qu'il soit si extraordinaire (ou catastrophique) que certains commerces embauchent des employés unilingue anglais. Montréal est bilingue, et de nombreux immigrants ne connaissent pas le français en arrivant au pays (faut quand même leur donner le temps de l'apprendre cette foutue langue pleine d'execptions qui ne font que confirmer les règles!) Bref, c'est dommage, mais il n'y a pas de quoi crier à l'invasion anglophone!

Je n'ai même pas le goût de proposer de solutions où d'apporter mon grain de sel à la discussion, la majorité des chroniques et éditoriaux de « La Presse » portent la-dessus aujourd'hui, et il n'y a aucun doute que « The Gazette » va aussi en parler.

Je voulais seulement pointer du doigt un vieux réflexe défensif de population insécure qui croit qu'une conspiration internationale (et menée en anglais en plus!) visant à faire disparaître les francophones du Québec de la carte est en branle.

Sur ce,

See you later, alligator!

Blogue l'Éponge