La vie nous fait parfois de drôles de cadeaux. Souvent, on réagit à chaud et on est convaincu que c'est une giffle qu'elle nous donne, ou que c'est un beau grand pot de sumac vénéneux. Mais en réfléchissant un peu plus loin, on peut se rendre compte de la chance qu'on a, et de la réelle valeur de ces « cadeaux ».

Pourquoi je vous parle comme un livre de Jacques Salomé?

Parce que j'ai vu Pépé (mon grand-père paternel) avec Bloguette jeudi dernier pour lui montrer nos photos de mariage. Et que Pépé est décédé ce matin, à l'âge respectable de 85 ans, après être entré d'urgence à l'hôpital.

Il nous aura donc attendu avant de tirer sa révérence, le sacripant! Il voulait me dire une dernière fois à quel point il était fier de son petit-fils, futur docteur en littérature, marié et tellement heureux. Il voulait dire à ma conjointe une dernière fois combien elle est belle, et à quel point il est content qu'elle soit ma femme.

Et quatre jours plus tard, tranquillement, pour déranger le moins de monde possible, il est parti, fatigué de se battre contre son corps de plus en plus affaibli, contre son coeur qui le lâchait de plus en plus souvent.

Je suis triste, évidemment, mais on dirait que je m'y attendais. Comme j'ai eu le privilège de le voir le dernier (ou presque), je ressent une grande sérénité. C'est étrange, je n'avais jamais ressenti ce genre d'émotion.

Ce n'est pas du tout un détachement qui me permet de mieux passer au travers, sinon je ne serais pas en train de lui rendre hommage ici. C'est plutôt un léger sourire, qui ne veux pas éclore complètement, mais qui occupe quand même mon esprit, à l'idée que Pépé le farceur aura réussit, une dernière fois, à nous jouer un tour.

Merci pour tout ce que tu m'as donné, appris et fait comprendre durant ces 25 dernières années.

Je t'aime Pépé!

Ton petit-fils.